Vin de pays du Lot Domaine Belmont Cuvée Dolmen 2013

Dégustation mai 2016

Très belle découverte que ce Domaine Belmont appartenant à Claude Bourguignon. 8 ha argilo calcaire à 250m de hauteur plantés de Chardonnay sur les coteaux du Lot. Intéressant de voir ce que le cépage roi des Bourgogne blancs peut produire sous une latitude nettement plus basse. Le résultat est franchement convaincant! Si 2013 fut très difficile pour les rouges partout en France, il n’en fut à l’évidence pas de même pour les blancs, toujours plus précoces. Ce Dolmen vinifié et élevé sur lies en barrique offre un nez très frais, floral, des pointes de vernis et de boisé, et une netteté cristalline. Très frais en bouche, avec suffisamment de consistance sans être onctueux. Vif, intense, ample minéral et floral avec des notes de poire et pêche blanche. Très agréable

 

Côtes de Castillon Domaine de l’A 2015

Dégustation en primeur avril 2016

Le Domaine de l’A de Stéphane Derenocourt de son épouse comporte 8 ha dans les Sud de l’appellation Côtes de Castillon sur un très beau coteau argilo calcaire planté à 80% en Merlot et 20% en Cabernet Franc. Ce 2015 goûté en primeur est très prometteur. Belle matière avec beaucoup de fruit. Souple, onctueux, avec une structure tannique suffisante mais jamais dominante. Très bel équilibre qui montre une fois encore tout le potentiel de cette appellation!

Passac Léognan-Larrivet Haut Brion 2015

Wine tasting April 2016- en primeur

Beaucoup de volume. Bouche ample, soutenue. Arômes puissants et contrôlés de cassis, framboise, épices, fumée. Tannins fins et structurants. Devrait être superbe après élevage.

Symphonie en Tempranillo Majeur en Ribeira del Duero, Toro et Rioja: Viva España!

Dégustation avril 2016

Si toutes les régions viticoles espagnoles connaissent désormais un renouveau qualitatif bienvenu, les appellations les plus riches en vins rouges de grande qualité demeurent La Rioja, Ribeira del Duero et Toro toutes situées au Nord et toutes majoritairement consacrées au Tempranillo auxquelles il convient bien sûr d’ajouter aussi Priorato en Catalogne qui est lui plus propice au Grenache.

Aromana 2011  Toro.

Petite parcelle de 2,3ha à 350 m d’altitude au dessus du Duero. 100% Tinta de Toro, nom local du Tempranillo. Robe pourpre sombre. Nez de fruits noirs, de tabac, un peu goudronné. Bouche ample. Les 15° d’alcool apportent puissance et chaleur.Tannins agréables. Evolutions notes balsamiques, fruits noirs, grillé, un peu viandé, profond. Très peu boisé, très direct.Approche rare en Espagne mais résultat remarquable!

Pinna Fidelis Ribeira del Duero Crianza 2011.

Nous restons sur les rives du Douro mais un peu plus en amont, du coté de Burgos. Les vignobles de Ribeira dominent le Duero à une altitude entre 300 et 500m. Cépage Tempranillo élevé 1 an an fût de chênes français et américains. Beau pourpre légèrement évolué. Bouquet de fruits noirs compotés. Légèrement vanillé. Chaud en bouche. Là encore les 15° d’alcool sont bien présents. Notes toastés et légèrement épicées avec un retour de crème de cassis très puissant. Tannins ronds. Finale agréable d’intensité moyenne. Ce vin illustre bien la tendance actuelle à la diminution de l’usage de chêne américain, qui « marque » beaucoup les vins avec des arômes de vanille et noix de coco, au profit de barriques de chêne français plus fin. Reste la question du degré d’alcool. Le Tempranillo, comme la Grenache est vite très-trop? généreux en alcool dans les climats chauds et cela peut être au détriment de la finesse et de l’équilibre des vins.

Marques de Griñon Reserva 1994 Rioja

Robe ambrée nettement évoluée signalant les plus de 20 ans de ce vins. Bouquet de sous bois, épices- muscade. Bouche fraiche et élégante. Tannins complètement fondu. Arômes évoluant vers des notes chocolat/menthe étonnantes et délicieuses, soutenues par des nuances de terpène. Pas de marque de boisé « américain » malgré le passage de 24 mois en barriques de chêne 50% américain, 50% français. Après les 2 précédents on apprécie le contraste bienvenu d’un degré alcoolique plus léger de 13°. L’équilibre du vin est immédiatement plus fin. Encore quelques passes de muleta en bouche et le vin glisse soyeusement. A sa limite d’âge mais encore très plaisant.

Aloxe Corton Grand Cru 2004 Domaine Latour

Wine tasting April 2016

Il y a toujours une certaine appréhension à aborder un grand Bourgogne…qui semble toujours contenir une part de mystère et d’imprévu… Cet Aloxe Corton se présente dans une belle robe cerisée légèrement ambrée. Bouquet assez discret de fraise/framboise avec une pointe d’épices douces et d’humus. Très ample en bouche. Puissant et chaud. Velouté. Arômes de sous bois et de truffe délicatement mêlés au fruit subtil encore bien présent. O temps suspends ton vol…Finale longue toute en finesse et dentelles… du grand art!

L »Etrange Rumeur » 2015 du Chateau Lamartre, St Emilion Grand Cru Classé

Dégustation en primeur avril 2015

Cuvée parcellaire issue de 3,5ha de très beau terroir argilo sableux en St Emilion Grand Cru. 70% Merlot; 30% Cabernet Franc. Couleur profonde. Belle intensité aromatique. Ample et délicat en bouche. Structuré par des tannins fins. Beaucoup de matière mais de la fraicheur. et de la souplesse. Déjà très plaisant. Très beau potentiel!

Bargylus 2015…Lataquié, Syrie..Faites le vin, pas la guerre!

Wine tasting April 2016

Ce vignoble de 15ha à Lataquié en Syrie est d’abord un acte de foi et de persévérance de la famille Saadé dans un pays déchiré par la guerre. Ce n’est en revanche aucunement une bizarrerie mais plutôt un retour aux sources puisque la vigne était présente en Syrie pour produire du vin depuis près de 5000 ans soit bien avant qu’elle n’atteigne les rivages européens. Le vignoble est situé à près de 1000 m d’altitude, la hauteur permettant de trouver de la fraicheur nocturne et donc d’allonger la maturation et de développer la complexité aromatique. Le sol de Bargylus, principalement constitué d’argilo calcaire et de silex, porte un encépagement très « bo/rho » très français: 60% de Syrah, 20% de Cabernet Sauvignon et 20% de Merlot. Robe grenat/rubis. Arômes cassis, cuir léger et poivre.Bouche structurée, pleine agréablement fraiche. tannins discrets mais élégants. Equilibre aromatique surprenant mais très plaisant.

Domaine Pendore 2015…des coteaux d’Anatolie

Dégustation Avril 2016

Intéressant vin turc produit à l’Est du pays, non loin des régions historiques de la naissance du vin.55 ha de sols argileux graveleux. Climat très continental avec des hiver rigoureux et des étés brûlants.65% Okusgozu, 35% Bogaskere, 2 cépages rouges locaux particulièrement qualitatifs.Robe rubis moyen. Nez marqué de prune, de mûre et d’épices (muscade). Belle amplitude chaleureuse en bouche. Tannins discrets et acidité peu marquée.

Baccari 2015 en primeur…sur les hauteurs de l’Atlas

Dégustation avril 2015

Le domaine de Baccari comprend 6 ha de terroir argilo-calcire au dessus de Meknès, dans les contreforts de l’Atlas marocain à environ 400m. Complanté à 70% en Syrah et 30% en Cabernet Sauvignon. Gouté en primeur, ce vin révèle des arômes pleins de fruits noirs, légèrement épicés. Belle ampleur en bouche. La Syrah est davantage sur son coté épicé qu’animal. Tannins assez doux.

Vaqueyras blanc La Ligère « le Chemin blanc »

Dégustation mars 2016

Vaquyras, grande appellation des Côtes du Rhône Sud est principalement connue pour ses rouges généreux. Comme la plupart des grandes appellations des Côtes du Rhône- à l’exception de Cornas- elle produit aussi discrètement un blanc excellent qui représente environ 5% des volumes. Le domaine de la Ligère d’ Elisabeth et Philippe Bernard établi sur des terroirs d’argile rouges et de galets est conduit en biodynamie. Le Chemin Blanc, est produit à partir de Clairette et de Roussane. Le vin produit est à la fois subtilement floral et minéral, avec une pointe d’acidité qui lui donne une agréable vivacité.

Vin jaune Cabelier 2007

Wine tasting March 2016

Voici un vin paradoxal: tout le monde connait son nom, mais peu de gens l’ont gouté! Il est souvent confondu avec son homologue jurassien, le fameux vin de paille, mais les 2 vins n’ont pas grand chose en commun si ce n’est le typique cépage Savagnin, qui compose 100% des vins jaunes -et des Château Chalon- et entre  pour une part variable dans l’assemblage des vins de paille. Tout le reste est profondément différent. le vin de paille est un liquoreux alors que le vin jaune est très sec. Il est élaboré par oxydation lente sous voile de levure pendant…75 mois! Le voile de levure en surface protège le vin du développement des bactéries acétiques et modifie profondément ses arômes. Le résultat est un vin à la robe jaune soutenu, aux arômes très marqués de noix, de noisette et de curry. Ces arômes, typiques du cépage Savagnin, sont renforcés par l’oxydation lente du vin. Ils peuvent surprendre de prime abord, voire déplaire, tant ils sont puissant et inhabituels. En bouche, le vin surprend encore par son caractère très sec et son corps puissant structuré par plus de 15° d’alcool. Très grande persistance. Ce vin demande une accoutumance, mais une fois adopté, il est merveilleux en accompagnement de plats en sauce blanche, de vieux fromages affinés et pourquoi pas avec des huitres de Marenne au parfum léger de noisette. A déguster presque chambré, 15-16 °, surtout pas trop frais.

 

Côtes du Jura Vin de paille Cabelier 2003

Dégustation mars 2016

Ce vin de paille des Côtes du Jura est obtenu par déshydratation des raisins étendus sur de la paille- ou sur des claies- après vendange pendant 4 mois minimum. Ce séchage naturel concentre le sucre et les arômes dans les baies au fur et à mesure de la déshydratation. Les raisins sont ensuite pressés et commencent leur fermentation vers le mois de février. Les cépages utilisés sont le Chardonnay, le très typé Savagnin en blancs, ainsi que les locaux Trousseau et Poulsard en rouge. La robe de ce 2003 est magnifiquement ambrée, cuivrée, acajou. Bouquet très riche et intense de pruneau, de dates et de coings confits, de miel, de kirsch… En bouche malgré un taux de sucre résiduel supérieur à 100g/l ce vin n’apparait curieusement pas lourd. Le sucre est très bien équilibré par une belle acidité et des arômes variés.La noix typique du Savagnin, le kisrch, l’orange confite balancent agréablement le miel. Intense mais jamais pesant. Très belle longueur en bouche.Accompagne délicieusement les fromages affinés. Un délice!

 

Cornas Les Arènes 2012 de Chapoutier

Dégustation février 2016

En dégustant un Cornas j’ai toujours une pensée pour Noël Verset et pour les quelques hommes courageux et intransigeants qui ont sauvé ce superbe vignoble des Côtes du Rhône Nord dans les années 70, alors qu’il n’en restait que quelques hectares.Ce Cornas Les Arènes fait honneur à l’appellation. Robe rubis profonde. Bouquet immédiatement caractéristique: sauvage, viandé, cuir, épices,  herbes grillées. Bouche très large Belle vivacité. Les arômes animaux puissants et les épices -girofle– s’imposent et nous envoutent.Tannins solides mais enveloppant et doux comme souvent avec les grands vins de Syrah. Très belle longueur. Une bête sauvage comme doit l’être un Cornas!

Jurançon Capdevieille 97 vs Monbazillac Pecany 99

Dégustation février 2015

Je fis, adolescente, connaissance d’un prince enflammé, impérieux et traitre comme tous les grands séducteurs: le Jurançon! Cette appréciation de Colette est une mise en garde opportune au moment d’approcher ce superbe Capdevielle 97 paré d’une robe d’ambre très lumineuse. Le Monbazillac se présente dans une somptueuse robe vieil or. Bouquet intense de fruits exotiques, de miel et une légère note de noix pour le Jurançon qui a concentré la douceur cuivrée des automnes pyrénéens dans les grains de Petit Manseng. Bouquet de fruits confits et miel pour le Monbazillac qui nous transport vers les collines flamboyantes de Bergerac  . Les 2 pleurent des larmes d’or…Jardin des délices en bouche pour ces 2 délices d’automne… amples, onctueux, liquoreux mais pas lourds, pleins… Le Jurançon évolue vers des notes aromatiques un peu plus rares…noix, xeres…et possède un peu plus d’acidité qui le rend plus vif…Très longue finale pour ces deux très beaux vins. En accompagnement d’un foie gras poêlé, d’une tarte aux fruits, d’une salade de melon. Si le Jurançon est un prince, le Monbazillac est assurément un grand seigneur!

 

Chignin Bergeron 2004 de Girard-Madoux

Wine tasting February 2016

Le Chignin Bergeron, un vin blanc de Savoie, qui doit son nom à la commune de Chignin sur laquelle se trouvent la plupart des vignobles-Francin et Montmélian étant les 2 autres communes de l’appellation- et au Bergeron, cépage unique, nom savoyard de la Roussane qui produit les grands Hermitages blancs dans la vallée du Rhône. L’évocation de vin de Savoie renvoie facilement au cliché du vin simple,, gouleyant et un peu raide accompagnant la fondue après une bonne journée de ski.Les Bronzés sont passés par là! Alors  goutez un grand Bergeron pour découvrir un tout autre univers…le Bergeron a en effet trouvé un second terroir d’élection sur ces pentes d’éboulis Sud et Sud Ouest de la Savoyarde, au coeur de la Combe de Savoie, La robe de ce 2004 est d’un beau jaune profond, avec des reflets ambrés et dorés. Très huileux dans le verre. Un bouquet complexe de pêche jaune, nectarine, litchie, fleurs d’accacia, miel excite déjà les papilles, Attaque très vive. Ample et onctueux bien que sec. Long et puissant développement aromatique…Une belle pointe de minéralité. Finale très longue sur une note légèrement miellée et pomme mûre. Un très grand blanc!

 

Corton Charlemagne blanc Premier Cru Pierre Marey et Fils 2012

Dégustation Février 2016

Un vin « à boire à genoux et tête nue » selon le grand Alexandre Dumas, amateur inconditionnel de ce vin. Nous l’abordons donc avec tout le respect dû à son rang. Très belle couleur paille soutenue, brillante. Riche dans le verre, presque onctueux..nez d’abord un peu fermé puis s’ouvrant sur un bouquet fin de fleurs blanches, pêche blanche et poire d’une grande fraicheur. Bouche très ample, nappant bien le palais. Une note très minérale apporte une élégante tension aromatique au Chardonnay. Finale longue et nerveuse. Bel hommage à la devise des Bénédictins grands défricheurs et découvreurs de cette côte mythique…orare et laborare!

Chateau Olivier 2013 Grand cru classé de Pessac Léognan

Dégustation janvier 2016

Intéressant de goûter un Bordeaux 2013 rouge après l’avalanche de critiques dont ce millésime a fait l’objet. Chateau Olivier est un des plus anciens domaines des Graves puisque son origine remonte au XII ième siècle. Il servit notamment de relais de chasse au Prince Noir Edouard de Galle et de refuge à Du Guesclin aux temps troublés de la Guerre de Cent Ans.  Mais la vérité du vin se trouve d’abord dans le verre!  Robe pourpre assez légère. Nez discret où se mêlent des notes de fumée, de cèdre et de cassis. Corpulence moyenne en bouche mais homogène. Pas de monté en puissance aromatique. Tannins moyennement puissants. Finale moyenne. Un vin plaisant mais pas un grand vin. Correspond effectivement à un petit millésime auquel il manque force et couleur. Agréable cependant à boire rapidement sans se poser de questions et sans en faire une thèse!

L.A Cetto Petite Syrah Baja California 2012- Mexique

Wine tasting 12 janvier 2016

On ne goute pas des vins mexicains tous les jours et c’est toujours une émotion particulière de découvrir une terra incognita! La vigne est quand même présente au Mexique depuis les conquistadors et surtout les pères jésuites, franciscains et dominicains qui l’acclimatèrent ici, comme dans toute l’Amérique du Sud et en Californie.Le cépage Petite Syrah est différent de la Syrah mais lui est apparenté. Il a quasiment disparu en France et ne se trouve désormais qu’en Californie et au Mexique. Ce vin présente une couleur rouge un peu violacée qui rappelle un peu les nuances des Syrah. A la première dégustation après ouverture, il apparait assez muet et présente une acidité excessive. Et oh miracle, en le goutant à nouveau après quelques heures d’aération, l’acidité disparait et le nez s’ouvre sur un mélange de fruits rouges, d’épices et de grillé. Bien plein en bouche, équilibré, de puissance moyenne mais plaisant. Chaud. Evolution vers une note dominante de framboise épicée très plaisante. Tannins agréables. Finale moyennement longue. Pas une personnalité immense mais un vin bien fait et agréable…l’exotisme en plus!

 

Château le Bouscat 1999…artisan de la perfection

Dégustation décembre 2015

Le Château le Bouscat est un petit domaine discret classé Cru Artisan, situé à Saint Laurent du Médoc, tout près des châteaux les plus prestigieux. Il bénéficie surtout des soins méticuleux prodigués par Roger Parfait et son fils. Ce 99 se présente dans une belle robe pourpre sombre, sans altération de couleur. Bouquet profond de cassis et mûres souligné par des touches fines de cèdre, de café et de tabac.Encore remarquablement jeune malgré ses 16 ans! Bouche très ample, tannins agréables et doux. Evolution vers des notes de truffe et d’humus. Très belle intensité. Finale longue. Un vin « artisan » au sens le plus noble du terme: maitrise de la technique, amour du travail bien fait, typicité et haute qualité du produit. MM Parfait font honneur à leur patronyme.Le genre de vin que l’on aimerait trouver plus souvent à Bordeaux.

 

YO VINO vous souhaite une année 2016 très pétillante et pleine de découvertes!

Nero d’Avola 2013

Dégustation de décembre 2015

Le grand cépage rouge de Sicile. Robe très sombre. Arôme puissant de fruits noirs très murs, légèrement chocolaté. Très corsé. Chaud. Homogène et bien fait. Sans grande complexité mais solidement en place. Du soleil au coeur de l’hiver!

Lirac Domaine de la Mordorée La Reine des Bois 2009

Dégustation Décembre 2015

Cuvée La Reine des Bois 2009 issue de Grenache, Syrah et Mourvèdre.Robe sombre et impénétrable. Bouquet riche et chaud de fruits noirs compotés, d’épices douces, de cuir et de réglisse. Bouche très ample. Velouté. tannins solides et bien fondus. Beaucoup de matière et d’intensité aromatique. Légère impression de suavité. Complexe mais rigoureux. Finale longue. Un beau vin, typé, puissant et bien construit.

Variations sur le thème de l’Altesse par Guy Justin: noblesse oblige!

Wine tasting décembre 2015

Très belle découverte des vins  blancs de Savoie de Guy Justin, issus des différentes parcelles du domaine familial de 11ha situé sur la commune de Jongieux et sur 3 communes voisines. Ce vignoble savoyard est plus petit et moins que connu que ceux d’Apremont ou de Chignin mais il produit des vins blancs très typés à partir du cépage Altesse, qui règne en maître sur les pentes ensoleillées descendant du col du Chat. La Roussette Altesse cuvée gastronomique propose une attaque très franche, minérale avec de subtils arômes de poire, de noisette et de violette. Belle amplitude en bouche. Le Marestel 2013 offre un nez marqué d’abricot et poire, une touche de coing. Rond et intense en bouche tout en gardant une agréable fraicheur.Le Monthoux livre une robe plus foncée et nous offre des arômes profonds de miel et de cire. Beau contraste en bouche entre des arômes plutôt sucrés et un vin sec qui garde une belle nervosité. Ces 3 terroirs différents nous livrent 3 magnifiques variations sur le thème de l’Altesse et nous donnent un bel aperçu du potentiel immense de ce cépage quand il est aussi bien mis en valeur que par la Guy Justin, son épouse Yvonne et désormais aussi leur fille Emmanuelle.

Castel Firmian Pinot Grigio del Trentino 2011

Wine tasting Décembre 2015

L’Italie est plus connue pour ses grands rouges que pour ses grands blancs, à l’exception des Passito de Panteleria, grands liquoreux du Sud. Ce Pinot Grigio du Trentin est donc une très agréable surprise. Le Trentin est la partie la plus montagneuse et la plus au Nord de l’Italie, frontalière avec l’Autriche. Les vignes y sont cultivées entre 300 et 500 m d’altitude dans un climat continental de montagne favorable aux blancs. Ce Castel Firmian présente une belle robe jaune pâle brillante. Bouquet fin et vif de fleurs blanches, pêche blanche, subtilement fumé. Très vif, minéral en bouche mais gardant une belle intensité aromatique.  Délicates notes entre roses et vapeur d’essence rappelant un Riesling. Très loin des Pinots Grigio de masse, pesants et sans âme.

St Emilion Grand Cru Classé Cadet Bon 2011: parfaite expression d’un grand terroir

Dégustation Décembre 2015

Cadet Bon est une charmante petite propriété de près de 5,25 ha située sur les meilleurs sols argilo-calcaires du plateau de St Emilion. La conduite du vignoble et la vinification ont été sensiblement améliorés depuis l’acquisition du domaine par Guy Richard. L’encépagement 80% Merlot, 20% Cabernet Franc est classique de l’appellation. Ce 2011 présente une belle robe sombre dans le verre. Nez expressif et élégant de cassis, cèdre, légères notes de tabac blond. Très ample et velouté en bouche. Tannins délicats et soyeux qui structurent parfaitement ce vin tout en élégance et en tenue. Très belle longueur. La fermentation à basse température, combinée à une durée de macération modérée ainsi qu’un élevage de 12 à 15 mois en fûts légèrement toastés renouvelés par tiers nous donne un vin très fin, parfaite expression de son terroir, sans aucun artifice inutile. Il illustre bien le propos d’Emile Peynaud quand il définissait les grands Bordeaux: « surtout rien de trop! » .

Le 2014 goûté au fût avant assemblage s’annonce très bien. Des Merlots tout en fruit, charnus et profonds et des Cabernets Francs tanniques, vigoureux et séveux devraient donner un très grand 2014!

Pacherenc du Vic Bilh Rêve d’automne Lafitte Teston 2000…un vin rare et sublime!

Dégustation Décembre 2015

Ce Pacherenc 2000 est d’abord une véritable réjouissance pour les yeux. Il se présente dans une somptueuse robe ambrée aux reflets cuivrés chatoyants. Aération 1h en carafe avant dégustation. Ce vin est issu de 100% de Petit Manseng récolté en surmaturité par tris successives sur les coteaux ensoleillés de Madiran, aux confins du Gers et des Hautes Pyrénées. Longue macération à froid des mous puis fermentation directement en barriques neuves et élevage sur lies avec bâtonnage régulier. Bouquet très expressif et fin de pain d’épices, d’abricot et de raisins secs, avec une pointe de kirsch. Très belle présence en bouche. Ample, intense, légèrement vanillé, mais restant fin et subtil. Le sucre résiduel reste assez discret et très bien équilibré par l’acidité et la richesse aromatique. Finale longue et intense. Aucune lourdeur. Une réussite absolue! Accompagne magnifiquement des entrées salées, des desserts mais aussi des fromages affinés, à l’instar d’un bon Porto.

 

Chateau Rochemorin, Pessac Léognan 2009 blanc…L’Esprit des Graves

Dégustation Décembre 2015

Ce domaine qui appartint au XVIII ième siècle à Montesquieu, fait partie depuis 1973 de la galaxie Lurton qui lui a redonné tout son lustre après des décennies d’oubli. 100% Sauvignon, il nous livre une robe jaune citron de belle profondeur. Nez complexe de tilleul, fleur d’acacia, pamplemousse, discrètement fumé. Belle consistance en bouche, beaucoup de matière et de profondeur, inattendue pour un pur Sauvignon. Evolution vers des arômes plus exotiques de mangue. Acidité structurante dynamisant bien la rondeur de ce vin. Un vin dialectique qu’aurait certainement apprécié l’auteur de l’Esprit des Lois!

Château Les Rochers 2010 côtes de Castillon

Wine tasting Décembre 2015

Encore une très belle découverte du coté des Côtes de Castillon, décidément une appellation en plein essor! Ce Château des Rochers 2010, issu d »un vignoble de coteau travaillé en biodynamie, se présente dans un beau pourpre profond.Nez intense et soutenu de fruits rouges, avec une pointe d’épices. Bouche ample, belle intensité. Tannins solides et agréables. Du très beau travail:

Château Martinon blanc 2014…l’Entre deux Mers peut aussi être grand!

Dégustation Novembre 2015

La vaste région d’Entre deux Mers entre la Garonne et la Dordogne souffre encore d’une image de parent pauvre des grandes appellations du Bordelais et en particulier des Graves. Le Château Martinon produit des rouges et des blancs sur un très beau coteau de cette région plus vallonnée que ses voisines plus prestigieuses. Ce blanc est intègre une minorité (30%) de Sauvignon, qui apporte en particulier une vivacité au vin, 60% de Sémillon qui donne beaucoup de gras et de substance, ainsi que 10% de Muscadelle très aromatique. Très belle robe pâle, avec des reflets vert. Superbe bouquet, riche et frais marqué par les agrumes, les fruits exotiques,une belle note florale et une discrète touche boisée. Très vif en bouche tout en développant une belle corpulence…inattendue pour un « Entre deux Mers ». Belle tenue aromatique en bouche sans être excessif. Une très belle découverte qui n’a rien à envier aux Graves! Parfait avec les fruits de mers, poissons grillés, mais aussi viandes blanches.

Muscat de St Jean de Minervois sec Barroubio 2014: un subtil équilibre

Dégustation Novembre 2015

Ce Muscat de St Jean de Minervois est une très belle découverte. Un blanc de caractère dans une région dominée par les rouge. L’altitude des sols calcaire de Barroubio au dessus de 250 m permet à ces blancs de garder fraicheur et vivacité malgré une teneur élevée en alcool. Vin très aromatique marqué par les fleurs blanches, le litchi..et le muscat, aux notes si caractéristiques. Très riche en bouche, notes d’écorce d’orange. Et finalement un équilibre étonnant entre une puissance aromatique singulière mais jamais dérangeante, un corps sec mais généreux et une acidité suffisante pour dynamiser l’ensemble. Un exercice d’équilibriste réussi et très plaisant. A consommer en apéritif avec des meze ou des fromages crémeux.

Amarone de la Valpolicella. Lamberti 2009: che potenza!

Wine tasting novembre 2015

Les vignobles de Valpolicella Classico sont situés à Marano en Vénétie, près de la mythique ville de Vérone. Cultivés en terrasses et menés en pergola ils façonnent un paysage très typique. La présence proche du lac de Garde assure une régulation thermique qui atténue les rigueurs de cette région continentale. Le Valpolicella est produit à partir de 3 cépages strictement locaux: le Corvina, le Rondinella et le Molinara, dans cet ordre d’importance. L’Amarone est produit à partir d’une méthode singulière de passerillage des raisins qui sont étalés sur des claies de pailles entre la vendange et le mois de février suivant. La lente déshydratation provoque une concentration élevée en sucre ainsi qu’une évolution aromatique marquée.Pendant longtemps les vins obtenus à partir de ces raisins restaient très sucrés. Les évolutions de la vinification permettent désormais d’obtenir une fermentation quasi complète des sucres et donc un niveau d’alcool élevé, ici de 15°. Les vins sont ensuite élevés en fut de chêne pendant 3 ans, puis encore un an en bouteille avant commercialisation. Le résultat est vraiment étonnant: cet Amarone est vraiment sombre, presque noir et présente déjà dans le verre une consistance robuste et pleine. Le bouquet est à l’avenant: puissant, évoquant les fruits noirs confits, le porto, mais aussi l’humus.En bouche, étonnant contraste entre des arômes suaves et un vin sec. Très ample, généreux, plein, chaud. Dominant et très long en bouche. Accompagne des mets forts, comme du chevreuil, du cerf, du mouton. Excellent aussi avec des fromages affinés puissants. Ou tout simplement en digestif. Attention aux vins servis après l’Amarone qui pourront paraitre très légers par contraste.

Barolo Serralunga d’Alba 2010 de Paolo Manzone…l’elegancia italiana

Dégustation Novembre 2015

L’appellation Barolo, située tout au Nord, dans le Piémont italien est sans conteste une des 2 ou 3 plus prestigieuses d’Italie. Née à la fin du XIX ième siècle de la ténécité du père de l’unité italienne Camilo Cavour et du talent de l’oenologue français François Oudart, cette grande appellation a connu au XX ieme siècle une longue période de léthargie comme l’ensemble des vignobles italiens de qualité. Heureusement celle-ci est bel et bien terminée depuis une trentaine d’année et les grands Barolos occupent à nouveau leur place dans l’élite mondiale des grands vins. Comme tous les vins de l’appellation, ce Barolo est produit à partir du cépage local Nebbiolo qui a trouvé sa terre d’élection dans ces « sorris » de marnes argilo calcaires très pentus. Cépage très capricieux et fragile, il donne le meilleur dans ce climat très continental et marqué par de nombreux brouillards humides au printemps et en automne, dont il tire d’ailleurs son nom. Très belle robe rubis chatoyante et claire. Le Nebbiolo est peu colorant. Nez très délicat et droit de framboise, cerise, pomme rouge, truffe. Très corsé en bouche, ample mais très sec. Tannins très fins.Une élégance gracieuse qui rappelle un grand Bourgogne. Finale longue et concentrée. Che Bello!

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Chantegrive cuvée Caroline 2012

Wine tasting Aôut 2015

Les grands blancs secs de Bordeaux ne sont pas exclusivement à Pessac-Léognan, au Nord des Graves. La preuve: ce Chategrive Cuvée Caroline, produit par la famille Lévèque, à Podensac, au Sud de l’appellation Graves. Belle couleur chaume, nez fin et complexe d’agrumes, pêche, fleurs blanche, délicatement beurré. Bouche ample et structurée, enveloppante. Acidité structurante mais masquée. Des notes subtilement fumées et beurrées nous rappellent la vinification et l’élevage en barrique de cette cuvée, à l’instar des grands blancs de Bourgogne, ainsi que le bâtonnage sur lies. Un très beau vin qui n’a pas grand chose à envier aux Pessac-Léognan! Parfait avec des poissons mais aussi des viandes blanches ou des fromages un peu affinés.

Rauzan Ségla 2006…l’élégance d’un tailleur Chanel

Tasting November 2015

Très belle robe-Chanel of course!- pourpre chatoyante dans la carafe de décantation.2006 fut une année un peu irrégulière pour les Bordeaux rouges et nous avons hâte de découvrir un Rauzan Ségla de cette année, second cru classé de Margaux appartenant à la famille Wertheimer, propriétaire de la maison Chanel. Bouquet très fin de roses, épices légères, cassis doux et truffe. En bouche, tannins bien fondus, belle structure soyeuse tout en élégance plutôt qu’en puissance. Un superbe Margaux de facture classique et intemporelle.

Château d’Aiguilhe 2011…Un Castillon qui a la cote

Dégustation Novembre 2015

Chateau d’Aiguilhe appartient aux domaines Neipperg (Canon La Gaffelière, La Mondotte…) et cela se voit immédiatement à l’habillage de la bouteille qui reprend les armoiries de la maison ainsi que la mise en avant du domaine plutôt que de l’appellation Côtes de Castillon, reléguée sur la contre-étiquette.Situé sur un sommet de coteau argilo-calcaire et planté à 70% en Merlot et 30% en Cabernet Franc, Château d’Aiguilhe est incontestablement un des domaines majeurs de cette appellation montante du Bordelais. Ce 2011 confirme cette impression. Sous une belle robe sombre, il découvre un bouquet vif et encore jeune de baies noires et de cèdre. Belle expression entre puissance et souplesse en bouche. Le bois de l’élevage en barriques majoritairement neuves est bien présent. Belle finale homogène.

Moulin des Nonnes Cuvée Inès 2013. Minervois

Dégustation Novembre 2015

Appuyé contre la montagne noire le Minervois offre un superbe paysage de talus escarpés, de ravines, de parcelles de vignes aux formes infinies plantées dans la terre rouge riche en oxydes de fer. Cette cuvée Inès intègre 70% de Syrah et 30% de Mourvèdre. Très belle robe d’un beau rouge soutenu. Nez de framboise, violette et poivre. Frais et vif en bouche avec une élégante structure tannique qui supporte bien un corps robuste. De la personnalité et de l’intensité. On mesure avec ce type de vin le chemin parcouru par les meilleures terroirs du Languedoc.Les vins ont fait plus de progrès dans les 20 dernières années que dans les 2000 années précédentes!

Terrasse du Larzac 2010…Une belle Traversée

Tasting November 2015

La Traversée 2010-Terrasses du Larzac

Ce vin est issue de la plus récente des AOC française « Terrasses du Larzac » créée en 2014. Fait par un viticulteur irlandais Gavin Crisfeld qui cultive avec passion ses 5ha depuis 2009. Les sols de schistes, grès, calcaire à 250m d’altitude sont idéaux pour l’encépagement Carignan, Cisault, Grenache et Syrah. Les 3 oeufs stylisés illustrant l’étiquette rappellent les cuves de fermentation ovoïdes en béton. Cette forme est supposée assurer une meilleure circulation naturelle du moût en fermentation et donc une extraction optimale. Ce 2010 présente une belle robe sombre et un nez très marqué de fruits noirs et rouges. Très belle concentration en bouche. Beaucoup de matière. Evolution vers des arômes de fruits noirs un peu confiturés avec quelques notes mentholées et poivrées en contraste qui lui donne une agréable fraicheur. Onctueux et long, cette Traversée est un beau nouvel exemple du remarquable essor du Languedoc vers des vins de grande qualité et de fort caractère.

 

 

Luchey-Halde blanc 2010

Dégustation Octobre 2015

Luchey-Halde c’est d’abord une histoire singulière. L’origine du vignoble, situé à Mérignac dans la banlieue immédiate de Bordeaux, remonte au XV ième siècle alors que la ville était encerclée de vignes. Particulièrement réputé au XIX ième siècle, ce vignoble a néanmoins subi les assauts de l’expansion urbaine comme nombre de ses voisins et a fini par être arraché avant la Seconde Guerre Mondiale.Sa chance est d’avoir été racheté par l’Armée pour en faire un camp d’entrainement des appelés plutôt que d’être loti. La suppression de la conscription dans les années 90 a conduit l’Armée à vendre le site qui fut alors acquis par l’Ecole Nationale des Techniques Agricoles devenue Bordeaux Sciences Agro depuis. Bordeaux Sciences Agro a alors conduit la réhabilitation du site et la replantation complète en 1999 des 22 ha de cette magnifique croupe de graves profondes, 4 ha étant consacrés au blanc et 18 ha au rouge avec un encépagement blanc à 70% Sauvignon et 30% Sémillon. La totalité des chais de vinification, cuvier, chais à barriques ont bien sûr dû être construits à neuf par l’architecte bordelais Bernard Mazières, immense spécialiste des architectures viticoles. L’ancienne chartreuse en ruine fut restaurée et magnifiquement intégrée dans un ensemble classique/moderne élégant et du plus bel effet.

Ce Blanc 2010 présente une robe jaune paille brillante et une belle onctuosité dans le verre. Bouquet vif mais profond et subtil de pamplemousse, nectarine et fleurs blanches. On retrouve une belle matière en bouche. Gras, intense, rigoureux, plein. Légère touche beurrée. La vinification et l’élevage en barrique à la Bourguignonne sont perceptibles tout en ne dénaturant pas la typicité « Graves ». Finale très longue. Très beau vin.

Luchey Halde rouge 2007: la renaissance d’un grand terroir de Graves

Octobre 2015

Luchey-Halde c’est d’abord une histoire singulière. L’origine du vignoble, situé à Mérignac dans la banlieue immédiate de Bordeaux, remonte au XV ième siècle alors que la ville était encerclée de vignes. Particulièrement réputé au XIX ième siècle, ce vignoble a néanmoins subi les assauts de l’expansion urbaine comme nombre de ses voisins et a fini par être arraché avant la Seconde Guerre Mondiale.Sa chance est d’avoir été racheté par l’Armée pour en faire un camp d’entrainement des appelés plutôt que d’être loti. La suppression de la conscription dans les années 90 a conduit l’Armée à vendre le site qui fut alors acquis par l’Ecole Nationale des Techniques Agricoles devenue Bordeaux Sciences Agro depuis. Bordeaux Sciences Agro a alors conduit la réhabilitation du site et la replantation complète en 1999 des 22 ha de cette magnifique croupe de graves profondes, 4 ha étant consacrés au blanc et 18 ha au rouge avec un encépagement rouge équilibré: 45% Cabernet Sauvignon; 35% Merlot; 10 % Cabernet Franc et 10 % Petit Verdot. La totalité des chais de vinification, cuvier, chais à barriques ont bien sûr dû être construits à neuf par l’architecte bordelais Bernard Mazières, immense spécialiste des architectures viticoles. L’ancienne chartreuse en ruine fut restaurée et magnifiquement intégrée dans un ensemble classique/moderne élégant et du plus bel effet.

Nous sommes donc impatients de découvrir ce vin « ressuscité ». 2007 est une année souvent présentée comme un peu faible à Bordeaux, et qui a surtout pâti des 3 très bons millésimes suivants. Celui-ci se présente une robe d’une belle couleur pourpre profonde. Bouquet puissant et harmonieux fumé, cassis, cèdre et poivre. Attaque très franche et développement ample en bouche. Très bien structuré autour de tannins fins. Toucher soyeux. Légère évolution aromatique vers des notes de sous-bois. Homogène,  rigoureux, intense, de complexité moyenne. Très belle longueur. Parfaitement à maturité et illustre bien la nécessité de gouter sérieusement les vins avant de prononcer des généralités abusives sur les millésimes. Un millésime réputé plus « petit » sera bien souvent plus agréable à boire jeune et donnera beaucoup de plaisir aux amateurs!

Ce Luchey Halde est une magnifique découverte et un vignoble qui possède un très grand potentiel!

Haut Marbuzet 2008…grande bourgeoise sensuelle de St Estèphe

Wine Tasting Octobre 2008

Haut Marbuzet est un vin qui a toujours suscité de vives passions…ce qui ne fut jamais pour déplaire à Henri Dubosq à l’origine de la saga familiale ou de son fils Hervé qui l’a brillamment poursuivie. Henri Duboscq avait en effet choisi dès l’acquisition en 1952 des sept premiers hectares de Haut Marbuzet de commercialiser son vin lui-même et donc de rompre le lien traditionnel avec la « Place » de Bordeaux. Premier crime de lèse majesté. Il y en eut d’autres! Alors que patiemment Henri, puis Hervé Duboscq reconstituèrent l’intégralité du domaine historique avec ses 60ha, ils choisirent de planter 40% de Merlot, une proportion élevée dans l’appellation St Estèphe.Ajoutez qu’ils choisirent de vendanger toujours des raisins très murs et d’élever le Haut Marbuzet en barriques neuves et il n’en fallait pas plus pour que certains s’en émeuvent jusqu’à évoquer « la fille de joie du Médoc ». Hervé Duboscq s’en amuse et a très bien compris le bénéfice de cette situation, lui qui évoque son « vin à la jupe fendue ». La vérité, qui dérange toujours, est que ce vin plait, et il plait parce qu’il est très bien fait et parce qu’il est excellent! Et à la différence d’autres grands St Estèphe, proches voisins, Haut Marbuzet cultive le paradoxe d’être un vin qui peut facilement se boire jeune, sur la souplesse du fruit et la puissance des tannins bien maitrisés, mais qui a aussi une remarquable aptitude à vieillir!  De quoi en effet faire des envieux… Puisque la vérité du vin est d’abord dans le verre, ce 2008 nous présente une très belle robe pourpre intense et profonde. Un bouquet prononcé de pain grillé, de cassis mur et de cèdre très équilibré. Souple, velouté et puissant en bouche. Belle amplitude. Tannins solides, souples et très présents. Des arômes épicés et légèrement mentholés s’expriment subtilement. Longue finale très tenue.

A vrai dire, je n’ai jamais été déçu par un Haut Marbuzet et ce n’est pas ce 2008 magnifique qui me fera changer d’avis sur cette très élégante bourgeoise sensuelle de St Estèphe.

Brunello di Montalcino Pian delle Vigne 2006

Dégustation Octobre 2015

Très belle robe rubis et cerise brillante, de moyenne intensité selon la typicité des Brunello, issus d’une variété de San Giovese. Peu de signe d’évolution dans la robe. Bouquet d’abord discret et floral évoluant à l’aération vers des notes élégantes de framboise, de cerises et de griottes au marc. Discrètes touches chocolatées. Beaucoup de corps en bouche allié à une grande finesse.Délicatement velouté, ample et sec Tannins bien fondus.. Finale sur des notes légères de truffe. Parfaitement à maturité. Très beau vin.

Côtes du Jura 2010 de Pierre Richard. Le Poulsard se bonifie aussi avec l’âge…

Dégustation octobre 2015

C’est toujours un plaisir de retrouver un de ces vins assez rares. Le plaisir de la dégustation est toujours aiguisé par la curiosité de retrouver un vin typé, authentique, particulier avec un goût qui lui est propre. C’est exactement ce qui nous attend avec ce Côtes du Jura de Pierre Richard 100% Poulsard de 2010. Robe très claire caractéristique de ce cépage, mais déjà légèrement évoluée. Bouquet  intéressant de fraise et framboise et de pommes confites, de kirsch, de rhum/raisin avec une légère touche épicée. Attaque franche et fraiche. Corps léger et souple, bien structuré par des tannins fins. Evolution aromatique plus complexe qu’attendue d’un vin issu de 100% de Poulsard. Finale un peu sèche. Un vin très bien fait dont l’évolution sur 5 ans révèle une complexité intéressante tout en conservant une fraicheur plaisante. A la différence d’un Poulsard jeune, celui-ci ne doit pas être servi trop frais afin de ne pas inhiber le développement de ses arômes.

Nuit Saint Georges Clos St Marc 1er Cru 96

Tasting Septembre 2015

Très belle robe rubis de belle intensité avec des nuances tuilées signalant l’âge de ce Nuit Saint Georges. Bouquet précis et fin de cerise, fraise, fraise des bois, cassis, subtilement souligné par des arômes de sous-bois qui nous rappellent l’âge de ce vin. Bouche agréable, ample, veloutée. Corps souple et structuré. Finale un peu sèche mais belle persistance.

 

 

 

Petit Clos Henri 2013 Sauvignon de Nouvelle Zélande

Dégustation Septembre 2015

Robe jaune très pâle. Explosion aromatique au nez. Presque excessif. Très fruité, citron, citron vert pamplemousse, mangue, à peine adouci par une note de fleur d’acacia. Très vif en bouche, acidulé, frais. Une belle minéralité équilibre la note fruitée très entêtante. Gouleyant. Agréable et bien fait mais l’explosion de fruits peut compliquer l’association avec un plat. Ce Petit Clos Henri illustre bien, même dans une interprétation simple, la réussite du Sauvignon en Nouvelle Zélande, qui peut livrer de très grands blancs secs.

Puligny-Montrachet La Garenne 1er Cru 96

Wine tasting Septembre 2015

19 ans pour un blanc sec c’est beaucoup. Même pour un grand Bourgogne comme ce Puligny 1er Cru La Garenne. Robe très nette d’un beau jaune paille clair. Bouquet très délicat de pêche blanche et nectarine, fleurs blanches. Notes subtiles de cire et de beurre. Très belle présence en bouche. Très plein avec une sensation d’onctuosité. Encore très vif et frais malgré son âge grâce à une acidité équilibrée. Evolution vers des notes légèrement vanillées. Finale longue et persistante. Les Bourgogne blancs possèdent une une texture, une richesse et une harmonie extrêmement séduisante…même après 20 ans!

Domaine Jean Chevalier, vin de pays charentais

Dégustation Août 2015

L’été n’est pas seulement la saison des rosés! La hausse des températures est aussi propice à la découverte de vins simples et rafraîchissants, rouges ou blancs, capable d’accompagner des plats estivaux.

C’est exactement le cas de ce vin de pays charentais du Domaine Chevalier 2014, issu exclusivement de cépage Colombard. Robe paille. Arôme marqué de pêche jaune, de melon et de nectarine. Très légèrement perlant et perception d’une pointe de sucre résiduel.Acidité marquée. Vin agréable mais peut-être un certain manque d’harmonie générale.

Grand seigneur d’Oléron: la fraicheur océane

Dégustation Août 2015

Les vins des îles ont toujours quelque chose de singulier, comme leurs habitants. Une typicité particulière liée à un cépage original comme c’est souvent le cas dans les îles grecques ou une note aromatique originale rappelant leur provenance. Ce vin de pays d’Oléron est produit à partir de Sauvignon cultivé sur des terres argilo-silicieuses à sous-couche calcaire. Il se présente dans une belle robe très pâle avec un nez immédiatement vivifiant de fleurs blanches et d’agrumes. Très nerveux et rafraichissant en bouche avec une belle acidité qui équilibre bien des arômes très présents mais jamais excessifs. Quelques notes distinctement iodées nous transportent sur l’île.Très agréable et très bien fait. Parfait avec des fruits de mer bien sûr mais aussi très à l’aise avec un poisson grillé ou des charcuteries.

Pomerol Château L’Enclos 2005

Dégustation Août 2015

Toujours intéressant de retrouver un Pomerol…l’appellation la plus petite, la plus discrète…la plus bourguignonne de Bordeaux. Où les propriétés ne comptent que quelques hectares, où les châteaux ne sont que de simples maisons bourgeoises voire de modestes maisons vigneronnes un peu embellies. Pomerol cultive tellement la fausse modestie des terriens madrés que c’est aussi la seule appellation majeure de Bordeaux qui ne possède aucun classement officiel. Tous les vins sont égaux..même si certains le sont plus que d’autres, comme les célébrissimes Petrus ou Le Pin.Il existe ainsi à Pomerol un certain mystère que l’on ne retrouve pas ailleurs à Bordeaux, entretenu d’ailleurs par la relative rareté des vins…et la référence permanente aux Hospitaliers de St Jeande Jérusalem qui établirent ici une Commanderie au XII ième siècle. Les moines-soldats à Pomerol; les Saints à St Emilion, les aristocrates dans le Médoc et les Graves et les Bourgeois dans les Graves…Bordeaux est bien ordonné!

Le Château l’Enclos compte une dizaine d’hectares de graves argilo-silicieuses plantées essentiellement en Merlot (80%),Cabernet Franc et Malbec. Ce 2005 présente une belle robe pourpre d’intensité moyenne, légèrement évoluée. Bouquet subtil de framboise, fraise des bois, légèrement épicé. Bouche fraiche, souple et bien structurée par des tannins discrets. Evolution aromatique vers quelques notes végétales et de réglisse. Finale harmonieuse.

 

Fieuzal 2007…l’intense expression des Graves

Wine tasting Août 2015

Ce cru classé de Graves fait honneur à une des maximes d’un de ses anciens propriétaires, le duc de la Rochefoucault qui tenait la sobriété pour une forme d’impuissance! Issu d’une proportion importante de Cabernet Sauvignon (>65%) cultivé sur des graves profondes, Fieuzal livre régulièrement un vin concentré et riche. Ce 2007 présente une belle robe sombre presque noire. Bouquet soutenu de fumée, de cassis et mûre, finement épicé. Belle présence en bouche, corsé, profond. Arômes évoluant vers des notes complexes de grillé, minérales, graphites, caractéristiques des Graves. Beaucoup de matière.  Beaux tannins fermes et agréables. Très bon équilibre entre fruit et évolution pour un millésime réputé moyen. Convainquant! Parfait à boire maintenant avec des viandes rouges ou un poisson grillé ou fromages.

Durfort Vivens 2011: un seigneur de Margaux

Dégustation Août 2015

2ième Cru classé de Margaux et 1855, Durfort Vivens fait partie de l’élite des Médoc et en porte tous les signes extérieurs de reconnaissance. Elégance altière de l’étiquette ornée d’une estampe du majestueux château. Mention discrète du fameux classement et de l’appellation. « Surtout rien de trop » aurait dit le grand et regretté Emile Peynaud. Nous sommes à Margaux et non en Australie ou en Californie! Dans le verre le noble Margaux présente une élégante robe moirée sombre, qui serait très à l’aise dans une brillante soirée bordelaise. Le bouquet intense et dominé par le cassis, la mûre, le cèdre et quelques notes de réglisse mentholé. Très solides tannins,  puissants mais dans l’élégance et la retenue. La prépondérance des Cabernet Sauvignon (près de 75%) est explicite.  En bouche confirmation immédiate de l’ampleur de la structure tannique. Une charpente bâtie pour durer qui supporte une très belle matière. Beaucoup de mâche. Forte intensité aromatique de belle mais non exceptionnelle complexité. Evolue vers des notes vanillées et moka. Très belle finale bien cadrée par les tannins serrés. Ce vin peut aisément vieillir une vingtaine d’années…mais finalement pourquoi attendre? Il offre déjà beaucoup de plaisir dans la fougue de son jeune âge!

Beaujolais Saint Amour, Domaine des Darrèzes 2013

Dégustation Août 2015

Jour de la St Amour, c’est l’occasion rêvée pour redécouvrir ce vin joliment nommé qui fait parti des 10 crus du Beaujolais, malheureusement trop souvent ignorés car paradoxalement victimes du succès du Beaujolais nouveau mais aussi de l’évolution des goûts vers des vins plus puissants et plus forts.

Pourtant ce St Amour ne manque pas de charme et d’arguments de séduction. Une belle robe rubis/mauve claire et brillante. Un bouquet très agréable et vif composé d’une harmonie de fruits rouges-framboise, fraise, groseille. Très net, sans l’exubérance juvénile d’un beaujolais nouveau ni arôme fermentaire résiduel. Très belle fraicheur en bouche, 12,5° d’alcool, très typé. Les arômes de fruits rouges sont rejoints par une discrète note poivrée qui rehausse l’ensemble. Corps souple et tannins légers. Très agréable vin d’été à boire légèrement rafraichi- autour de 13-14°- pour accompagner viandes grillées, charcuteries, et même poissons.

Il est temps de redécouvrir ces magnifiques crus du Beaujolais tout en élégance, légèreté et gourmandise quand il sont bien faits. Une autre interprétation du vin que l’on aurait tort d’oublier!

Sauternes Rabaud Promis 2005: chose promise…

Dégustation Août 2015

Superbe 1er cru classé de Sauternes qui connut des modifications significatives de périmètre depuis 1855 puisqu’il fut scindé en deux au début du XX ième siècle pour donner naissance à Sigalas Rabaud et Rabaud Promis. Fait original Rabaud Promis s’est aussi étendu par absorption d’un autre cru classé de Sauternes disparu, le château Pexoto qui appartint au banquier Pexoto au XIX ième siècle. Cette absorption/disparition est à notre connaissance un fait unique en Sauternes.

Ce 2005 de 10 ans d’âge se présente dans une belle robe mordorée, offrant une belle harmonie dylanesque « blonde on blonde »  avec la chevelure de la muse du tableau de Julie L. Bouquet en forme de féérie aromatique de fruits confits: abricots, coings, dates, ananas…soutenu par une légère florale.Bouche extraordinairement généreuse, beaucoup de volume et de gras tout en gardant une élégance racée soutenue par quelques discrètes notes épicées et écorce d’orange. Finale très longue et soutenue. Délicieux en apéritif, ou avec un foie gras poêlé, un roquefort…ou avec un magret de canard pour un bel accord sucré/salé/fruité.

Sociando-Mallet 2006 par Julie L: nature morte pour un vin bien vivant!

Wine tasting Août 2015

Sociando-Mallet occupe une place un peu particulière dans le Médoc à l’instar d’un Haut Marbuzet. Les 2 crus ont atteint un niveau de qualité, de notoriété et de prix qui les hissent au niveau de bien des crus classés de l’inamovible classement de 1855.Comme Hervé puis Henri Dubosq l’ont fait à Haut Marbuzet, Jean Gautreau a patiemment et régulièrement développé le vignoble de Sociando-Mallet qui compte désormais 85 ha et affirmé sa personnalité.

Ce magnifique 2006 présente une très belle robe sombre, dans le verre ou dans le tableau de Julie Laporte, qui laisse deviner une belle concentration. Nez très expressif de cassis et framboise, de mûre, de cèdre et d’épices. Beaucoup de matière en bouche, conformément au style de ce cru.Bien équilibrée cependant par des tannins puissants mais maintenant bien arrondis.Finale soutenue et charmeuse.Parfaitement à maturité.

 

 

La Sirène de Giscours 2011: Ulysse aurait été charmé…

Wine tasting Juillet 2015

Second vin de Château Giscours, 3ième Cru Classé de Margaux. Il y a parfois une petite appréhension à ouvrir un « second vin »: va-t-on avoir droit à un second choix? La Sirène de Giscours est issue des vignes les plus jeunes du domaine, âgées de 3 à 20 ans. Dès l’ouverture, cette Sirène nous charme, non de son chant, mais de sa robe d’un noir intense qui lui va à ravir! Bouquet encore jeune mais bien affirmé de cassis, mûre, cèdre et poivre doux. Bouche très ample, velouté, tannins rigoureux, solides mais jamais dominant. Beaucoup de matière et d’intensité mais dans la finesse.Touché velouté, sensuel, charmeur, très Margaux. Un agréable boisé qui reste subtil.Queue de la Sirène de belle et élégante longueur.

Très belle réussite dans un millésime réputé moyen. Il nous réconcilie avec le concept de « second vin » et offre beaucoup pour un prix raisonnable. Ulysse aurait dû s’attacher fermement au mât pour y résister!

Pessac-Léognan La Louvière 2008: le loup et le carré d’agneau…

Wine tasting Juillet 2015

le vignoble de La Louvière est un des plus anciens des Graves puisque son origine remonterait au XIV ième siècle et à un certain sieur de la Lobeyra à une époque où des hordes de loups hantaient ces parages. Le domaine appartint aussi aux XVI ième et XVII ième siècle à une congrégation de Pères Chartreux qui le hissa à un haut niveau de qualité. Après avoir connu encore de nombreux propriétaires et des fortunes changeantes, le domaine fut acquis en 1965 par André Lurton, actuel propriétaire, qui à force de travail et d’investissements lui redonna tout son lustre passé.Mentionnons aussi que les efforts de cette grande figure du vin de Bordeaux furent aussi directement à l’origine de la création de l’appellation Pessac-Léognan en 1987, qui distingue spécifiquement les châteaux des Graves du Nord, c’est à dire les terroirs les plus qualitatifs de cette appellation. Cette jeune appellation a d’ailleurs connu très rapidement une notoriété à la hauteur de la qualité de ses vins.

La Louvière 2008 est donc un Pessac-Léognan situé sur un terroir de 55ha de graves profondes très drainantes. Ce 2008 est issu d’un assemblage classique de 64% de Cabernet Sauvignon, 30% de Merlot et Cabernet Franc et Malbec.Belle robe rubis pourpre indiquant déjà une certaine maturité. Nez très « Pessac-Léognan »: fumé, terre, boisé très net. Les arômes de fruits noirs-essentiellement mûre et cassis- se développent ensuite, avec quelques notes poivrées. Attaque franche et fraiche. Belle intensité aromatique qui reste marquée par les arômes grillés, boisés, torréfiées, fruits noirs. Tannins fins et délicats. Amplitude moyenne. Belle finale homogène restant sur la même gamme aromatique.

Un vin très bien fait, équilibré et très typé sans débauche de puissance. Avec un carré d’agneau par exemple!

 

Certan de May 78: May the grace be with this Pomerol !

Dégustation Juillet 2015

 

Débouchage dans un silence religieux de cette vénérable bouteille issue d’un des plus ancien vignoble de Pomerol qui appartint jadis à une famille écossaise-Demay ou de May- arrivée là au Moyen-Age. Cette petite-5ha- mais prestigieuse propriété située sur le plateau argilo-silicieux de Pomerol est entre les mains soigneuses de la famille Barreau depuis 1925. Que nous réserve ce beau Château Certan de May 1978 après 37 ans d’attente en cave?

Le bouchon, imprégné au deux tiers est extrait sans difficulté malgré une structure qui commence à s’affaiblir. A l’ouverture le premier bouquet est émouvant de fraîcheur, essence très subtile de fraises des bois, de groseilles et de framboises. Nous le décantons peu avant le service pour conserver le maximum de ces arômes très volatiles. Elégante robe rubis pâle, encore bien colorée mais présentant d’évidents signes de maturité. Magie du chatoyment de ces nuances de rouge et de pourpre dans les facettes du cristal. Avec l’aération, le bouquet se transforme pour livrer des notes nettement plus évoluées de sous-bois, de truffes, de paille humide. On retrouve en bouche cette dominance nettement automnale, avec une persistance fragile mais très plaisante des notes de fraises des bois et de cassis;Corps moyen mais encore assez ferme tenu par des tannins encore structurants. Finale très longue marquée par l’automne…et les 37 années écoulées depuis sa naissance.

Sensations subtiles, graciles… en équilibre…on sent que tout pourrait très vite disparaitre…oui mais tout est encore présent! Un moment de grâce…

Ducru Beaucaillou 98 : le charme discret des grands Médoc

Wine tasting Juillet 2015

La bouteille de ce grand 2ième Cru Classé de St Julien est immédiatement reconnaissable avec sa belle étiquette orangée ornée de l’imposant château construit au XIX ième par le négociant David Johnston, alors propriétaire de Ducru-Beaucaillou.

Ce 98 présente une très belle robe pourpre chatoyante. Subtil bouquet de cassis, cèdre, poivrons verts, fumée. Vin très soyeux en bouche, ample, et moyennement corsé. Privilégie une très grande finesse et bel équilibre général plutôt que la puissance brute, comme il se doit pour un grand Médoc.Tannins fins et savoureux.

Faugères Haut Fabrègues Tradition 2013

Dégustation Juillet 2015

Vaste domaine appartenant à la famille Saur, le Château Haut Fabrègues conduit en bio est situé sur la commune de Cabrerolles, au coeur de l’appellation Faugères, dans l’arrière pays de Béziers. Le paysage de l’appellation Faugères est superbe et caractérisé par d’innombrables collines et vallons de sols schisteux entre 200m et 400m d’altitude.La nature de sol très particulier donne leur caractère à ces vins typés.

Ce Haut Fabrègues 2013 est composé à parts quasi égales de Grenache, Carignan, Syrah, Mourvèdre et Cinsault. Très belle robe pourpre sombre. Nez encore jeune mais très expressif et riche de mélange de fruits noirs légèrement compotés, de cuir et de géranium. Présence opulente en bouche, bien encadrée par des tannins solides-le Mourvèdre est bien perceptible. Corps puissant et très beau potentiel d’évolution aromatique entre les notes animales, d’herbes grillées, de graphite et de fruits noirs bien mûrs qui mérite encore quelques années de vieillissement pour donner sa pleine expression. Finale longue et racée.Très belle interprétation de ce grand terroir original qu’est Faugères, capable de proposer des vins alliant magnifiquement l’opulence du Sud avec la rigueur structurelle du Nord.

Cos d’Estournel 90: un parfum d’Orient à St Estèphe

Dégustation Juillet 2015

Cos d’Estournel, c’est d’abord ce château étrange qui marque l’entrée de St Estèphe, juste en face de Lafite Rothschild, situé lui coté Pauillac. Ses tourelles surmontées de pagodes attirent immédiatement le regard et nous transporte loin du classicisme médocain! Ce fut la fantaisie érigée par Louis-Gaspard d’Estournel propriétaire du domaine au milieu du XIX ième siècle et amoureux de l’Inde et de ses palais où il exportait d’ailleurs une partie de son vin.Après avoir récemment appartenu à la famille Prats, Cos d’Estournel appartient depuis une dizaine d’année à Michel Reybier, qui vient de faire rénover tous les chais par l’architecte Jean-Michel Willemotte qui a développé de magnifiques et originaux effets de transparences.

Ce 90 nous ramène à un temps nettement plus ancien, et à celui d’un très beau millésime dans le Médoc. Ce Cos présente une robe rubis sombre avec quelques nuances un peu plus claires signalant l’âge déjà vénérable de ce vin. Très beau bouquet à la fois subtile et intense, encore remarquablement juvénile, dominé par les senteurs de cassis, de fumée, de cèdre, de terre humide et d’épices douces.

Très belle puissance en bouche. Beaucoup de corps allié à une très grande finesse, accompagnée par des tannins voluptueux et serrés, très St Estèphe. Développement vers des nuances plus évoluées de truffe, de chocolat.

Très longue finale, très droite et pleine. Une très grand Cos à son summum!

Bandol Moulin des Costes « Charriage » 2009: Bunan le Barbare!

Dégustation Juillet 2015

D’abord, un paysage saisissant: les « restanques », terrasses de vignobles qui regardent la Méditerranée ou la garrigue surchauffée. Puis un bouteille haute et lourde promesse tactile d’un vin puissant. Et cette étiquette cuivrée, barrée de rouge, portant des lettrages presque gothiques! Avant son ouverture, ce Bandol constitue déjà une promesse sérieuse! Issue quasi exclusivement d’une sélection de vieilles vignes de Mourvèdre et bénéficiant d’une cuvaison longue et d’un élevage sous bois, la cuvée « Charriage » est l’objet de toutes les attentions. Après la théorie, la pratique, ouvrons ce Bandol! Il découvre une très belle robe rubis brillante dans le verre, avec des éclats noirs. Nez puissant de cèdre, d’herbes aromatiques grillées, de poivré, Bouche très ample, puissamment tannique, très structurée. Les vieux Mourvèdres sont bien présents! Les 15° aussi! Très corsé. Evolution vers de subtiles notes mentholées au milieu des fruits noirs délicatement boisés, de café torréfié. Le ramage est à la hauteur du plumage! Finale interminable. Ce vin a quelque chose de sauvage, d’indompté, Bunan le Barbare!

Clos de l’Anhel, « Les Dimanches » 2001: la naissance d’un grand Corbières

Wine tasting Juillet 2015

Le Clos de l’Anhel, c’est d’abord la vigneronne Sophie Guiraudon, qui a patiemment créé ce domaine et ce vin depuis son installation à Lagrasse dans les Corbières en 2000. A force de talent, de ténacité, de travail et de volonté, elle nous livre année après année des Corbières magnifiques! Les vignes de l’Anhel sont plantées dans des sols argilo- calcaires graveleux très pauvres et drainants, en exposition Nord-Ouest et à une altitude de plus de 200m. La conduite se fait en bio. Les « Dimanches » qui constitue la cuvée « phare » du domaine est élaborée à partir de 60% de vieilles vignes de Carignan de plus de 75 ans, de 30% de Syrah et de 10% de Grenache. Ces très vieilles vignes de Carignan dans leur terroir d’altitude donnent son caractère à ce vin dont l’élaboration est l’objet de soins minutieux de la part de Sophie: tri sévère, cuvaison longue de 20 à 25 jours, pigeage manuel quotidien, élevage en cuve.

Ce 2001 représente la première cuvée élaborée et nous de l’ouvrons pas sans une véritable émotion 14 ans après. Très belle robe très sombre et intense. Aéré dans son verre, le vin libère soudain un superbe bouquet de garrigue grillée, d’épices et de fruits noirs mûrs. Très velouté en bouche avec un corps puissant… voluptueux avec une trame très structurée! Ce n’est pas un Corbière qui se contente d’être rond et chaleureux. Evolution aromatique très subtile vers des notes de truffes, de lauriers, de cerise noires. Les vieux Carignans s’expriment bien! Très belle finale onduleuse parmi les cents arômes exprimés. Ce vin est vraiment un grand et quand on pense à ce qu’étaient les Corbières il y a peu encore, on ne peut que saluer le travail accompli et espérer l’ouverture prochaine d’un autre millésimes des Dimanches, qui sont aussi un très bel hommage à Baudelaire:

« Entends-tu retentir les refrains des Dimanches
Et l’espoir qui gazouille en mon sein palpitant?
Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Tu me glorifieras et tu seras content »

Bravo Sophie Guiraudon pour ce très beau vin!

 

 

Quinta do Noval Nacional 2011

 

Wine tasting Juillet 2015

Un véritable monument! Exclusivement issu de la petite parcelle « Nacional », le Quinta do Noval Nacional est souvent un très grand Porto. C’est indéniablement le cas pour ce 2011, qui allie une grande complexité aromatique, où se mêlent épices, eau de vie fine, fruits macérés.Un Porto très vineux, remarquablement structuré comme on n’a pas l’habitude d’en consommer en France.En réalité un grand vin parfait capable d’accompagner remarquablement une viande blanche, des fromages affinés, des desserts chocolatés…et un cigare!

Cantemerle 2002: le Médoc romantique…

Dégustation Juillet 2015

Cantemerle se déguste d’abord avec les yeux…Ce beau et ancien domaine-on y cultive la vigne depuis au moins le XIV ième siècle- aux sols silico-graveleux situé aux portes du Médoc cache un des châteaux les plus romantique du Médoc, qui pourrait avoir inspiré Disney pour créer celui de la Belle au Bois Dormant. Une fine esquisse à l’encre illustre élégamment la très classique étiquette de Cantemerle. Dans le verre, ce 2002 dévoile une robe pourpre brillante, d’intensité moyenne, légèrement évoluée sur les bords du disque. Impossible désormais d’échapper à ce bouquet très fin marqué par les arômes de pain grillé, de cèdre et d’épices douces. En bouche, ce Cantemerle développe une belle harmonie de tannins fins, bien fondus, supportant un corps souple et moyennement puissant et exprimant de très beaux arômes de cassis mûrs, de grillé, de goudron chaud, de cassis et de figue. L’assemblage de ce 2002 comprend une proportion quasi équivalente de Cabernet-Sauvignon et de Merlot et cet équilibre se retrouve bien à la dégustation. Très belle finale élégamment boisée. Un très beau vin romantique, parfaitement à maturité.

Petite singularité du château Cantemerle: il fait partie, avec Mouton Rothschild, des 2 seules modification de la classification de 1855 en 160 ans, bien que cela soit moins connu que pour son illustre ainé. Cantemerle, qui vendait toute sa production en Hollande, était quasi inconnu des courtiers de la « Place » de Bordeaux qui ainsi l’oublièrent lorsqu’ils eurent la lourde responsabilité d’établir la fameuse liste pour l’exposition universelle de 1855 à la demande de Napoléon 3. L’erreur fut réparée l’année suivante, à la demande pressante de la comtesse de Villeneuve, alors propriétaire de Cantemerle. De là lui vient peut-être ce petit air de Belle au Bois Dormant…

 

Chateau Myrat 2009: le Sauternes myraculé!

Dégustation Juillet 2015

Déguster un Chateau Myrat, c’est un peu comme retrouver un ami cher que l’on avait perdu de vue, ou retrouver un parent que l’on pensait disparu: cela tient du miracle et de la résurrection! Ce grand Sauternes, dont les 22 ha sont situés sur la commune de Barsac a en effet bel et bien disparu en 1976 quand Max de Pontac, son propriétaire d’alors, issu d’une longue et prestigieuse lignée viticole qui remonte à Jean et Arnaud de Pontac à Haut Brion au XVI et XVII ième siècle, décida, la mort dans l’âme, d’arracher ses vignes car ne pouvant plus les entretenir. Cette décision, unique dans l’histoire des Grands Crus classés, nous rappelle opportunément que les grands vins n’ont pas toujours été la corne d’abondance que nous connaissons maintenant et ont connu dans leur histoire de nombreuses périodes difficiles. Cela est d’autant plus vrai pour les Sauternes, plus soumis que les rouges ou les blancs secs aux caprices de la nature, plus onéreux à produire, et plus difficiles encore à vendre! Produire un grand Sauternes dans les règles de l’art relève donc quasiment du mécénat! Et c’est à cette oeuvre de résurrection unique que se sont consacrés Jacques et Xavier de Pontac en 1988, par fidélité à leur nom et à ce terroir.

Le résultat est à la hauteur des efforts consentis. Ce Chateau Myrat 2009 est véritablement somptueux. Riche, élégant et équilibré, il est la quintessence d’un grands sauternes. D’une grande complexité aromatique, mêlant abricots confits, ananas, mais aussi épices légères et cannelle, dans un corps très ample, sans aucune lourdeur. Finale très intense.

Merci pour cette émotion singulière!

 

Condrieu: l’or du Rhône

Juillet 2015

L’histoire récente du petit vignoble de Condrieu est aussi celle d’une résurrection. Situé sur les pentes abruptes de la rives droite du Rhône, au sud de la Côte Rotie, ce vignoble aux conditions d’exploitation particulièrement difficiles a failli disparaitre dans les années 70 quand les prix de vente médiocres de l’époque incitèrent les derniers vignerons à se tourner vers d’autres cultures ou vers des terres plus faciles à travailler. Heureusement, l’un d’eux, Georges Vernay, ne s’est pas résolu à cette disparition et s’est battu pour faire revivre cette appellation singulière, exclusivement blanche au milieu du fleuve rouge du Rhône.Le vignoble couvre désormais 160 ha sur les pentes raides de granit, de schiste et d’argile  en terrasse sur le Rhône. Condrieu est le berceau du Viognier, cépage unique de ces grands vins blancs. Car il s’agit bien de grands vins, caractérisés par des arômes marqués de pêche jaune et d’abricot, une belle corpulence et une acidité moyenne.

Chateauneuf du Pape blanc de Raymond Usseglio 2013: 40, 30, 20, 10…

Wine tasting Juillet 2015

La vaste et célèbre appellation Chateauneuf du Pape est surtout connue, comme toutes les appellations des Côtes du Rhône, pour ses vins rouges charnus, chaleureux et bien structurés, au moins pour les meilleurs d’entre eux. L’appellation produit cependant aussi de très vins blancs sur 7% de sa surface. Ce Chateauneuf du Pape blanc sec du Domaine Raymond Usseglio est issu de  l’assemblage de 4 grands cépages blancs : Grenache blanche (40%), Roussanne (30%), Clairette (20%), Bourboulenc (10%) cultivés en biodynamie sur deux terroirs bien distincts, les sols sablonneux exposés au nord et les sols argileux mêlés de galets roulés exposés au sud.

Ce vin jeune se présente dans une belle robe très pâle, presque incolore. Il révèle un bouquet riche,  fin et soutenu, dominé par les notes de fleurs blanches,  de pêche blanche et une belle minéralité. Très nerveux et frais en bouche avec une acidité soutenue et une amplitude moyenne. La palette aromatique nuancée s’exprime bien tout en restant subtile et sans excès. Finale très agréable de longueur moyenne.

Ce vin est à l’image de sa composition à partir de 4 cépages en proportion de suite arithmétique 40%, 30%, 20%, 10%: mathématiquement équilibré!

Côte Rotie André François 2008 « Je sais combien il faut sur la colline en flammes….

Dégustation Juillet 2015

« Je sais combien il faut sur la colline en flammes de peine, de sueur et de soleil cuisant, pour engendrer ma vie et pour me donner l’âme »… le magnifique, très escarpé et très ensoleillé vignoble de la Côte Rotie, seigneur des Côtes du Rhône Nord, a manifestement inspiré Baudelaire pour écrire l’Ame du vin…Ce Côte Rotie présente une très belle et profonde robe pourpre profond. Nez immédiatement expressif et puissant dominé par un bouquet d’épices, de fruits noirs, de clous de girofle et de graphite. Très net et sec en bouche, corps puissant et matière généreuse. Evolution complexe en bouche: des notes musquées, poivrées, de fumée, de cèdre apparaissent. Les tannins sont très présents et structurent élégamment ce vin passé 12 mois en barriques, sans le marquer excessivement.

« A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs… »  aucun doute Baudelaire a bu ce vin!

Mondeuse « Prestige des Arpents » Trosset 2011: Deep Purple!

Dégustation Mai 2015

Cette Mondeuse, dégustée en magnum, est issue du petit domaine familial des Trosset à Arbin, coeur de l’appellation Mondeuse de Savoie. Les vignes grimpent à l’assaut des pentes inondées de soleil des éboulis calcaires et marneux de la Savoyarde. Les frères Trosset perpétuent le travail visionnaire de leur père Charles, qui avant les autres, sut comprendre tout le potentiel du cépage rouge autochtone et rustique Mondeuse. La Mondeuse est apparentée à la Syrah et est sans doute une lointaine descendante du cépage Allobrogica que Pline l’Ancien décrivait au 2ième siècle de notre ère dans le livre XIV de son Historie Naturelle.En tout cas les descriptions faites il y a 2000 ans lui correspondent bien! Elle donne ici un vin de couleur violette, de corps nettement plus robuste que la plupart des Mondeuses, très aromatique avec des notes caractéristiques de violettes, de mûres et de poivre, d’épices. Ce vin est très vif en bouche avec une belle évolution aromatique vers des notes épicées, griotte et de cuir tout en restant très équilibré. Longue finale typée et inoubliable. A servir à 14-15 degrés et surtout pas trop fraiche pour ne pas inhiber ce superbe bouquet de violettes poivrées! Accompagne magnifiquement tous les plats de charcuterie, les viandes-essayez les diots de Savoie!- ou les fromages locaux-Tomme ou Beaufort. Un torrent de montagne qui dévale les pentes: puissant  vif et rafraichissant!

Notez que depuis 2014, Louis Trosset est désormais seul aux commandes d’un domaine réduit à moins de 3ha! Le vin est toujours aussi somptueux…mais encore plus rare!

Brunello di Montalcino 2010 Piancornello: una storia importante!

Wine tasting Juin 2015

Brunello di Montalcino est une petite appellation toscane dont Feruccio Biondi Santi avait compris tout le potentiel au 19 ième siècle quand il s’acharna à y adapter le fameux Sangiovese.

Très belle bouteille de ce Brunello de Montalcino 2010 d’un petit domaine familial très qualitatif.  Magnifique robe cerise chatoyante caractéristique du noble cépage Sangiovese. Arômes complexes soutenus.de.cassis, cerise, tabac légèrement épicé. Tannins bien présents mais fondus.  Très sec, soyeux et ample. Superbe vibration entre un grand Bourgogne et un Barolo. La grande élégance italienne…

Le Cieliegiolo (« peite cerise ») issu du même domaine, mais produit dans la région du Mareme près de la mer, est aussi très intéressant: plus léger, mais conservant la typicité toscane, c’est un parfait rouge d’été.

Viva o Vinho verde!

Dégustation juin 2015

Les Vinho verde sont produits dans la région de Minho, à l’extrême Nord Ouest du Portugal, dans une région assez montagneuse orientée vers l’Atlantique qui compte des dizaines de milliers de petites exploitations pour une surface totale d’environ 30000 ha. Les principaux cépages blancs cultivés sont l’Arinto,, l’Alvarinho, l’Avesso, le Loureiro et le Trajadura. Les vignes sont conduites de façons très variées, en tonnelle, en échalas, grimpante sur des sols granitiques et schisteux,.. Cela donne un paysage viticole très inhabituel dans lequel on a l’impression d’être partout entouré de plants de vignes de toutes formes. Les vins ont tous une couleur très pâle, avec des reflets verts qui leur donnent leur nom. Ils sont faiblement alcoolisés- moins de 10 degrés- car vendangés tôt, souvent légèrement perlants et d’une belle fraicheur aromatique marquée par les arômes vifs de pomme verte et de citron. Leur légèreté et leur fraicheur en font des vins d’été très agréables. La région produit aussi des rouges légers à base de cépages autochtones également très plaisants à boire frais.

 

Pontet Canet 2000

Wine tasting Juin 2015

Pontet Canet est situé sur le prestigieux plateau du Pouyalet au Nord de Pauillac, proche voisin de Mouton Rothschild et de Lafite Rothschild. Ce cinquième Grand Cru Classé en 1855 appartient à la famille Tesseron, qui possède en outre Lafon Rochet à St Estèphe.Il présente la particularité d’être désormais entièrement conduit en biodynamie depuis 2004. Est-ce une conséquence? mais c’est aussi le cru du Médoc dont la cote a le plus augmenté au cours des 10 dernières années. Alors comment se présente ce 2000 produit avant les évolutions récentes? Robe très sombre qui nous rappelle immédiatement que 2000 fut un millésime riche à Bordeaux. Bouquet de cassis et de mûres très marqué, rehaussé par des notes grillées. Très ample en bouche avec beaucoup de corps et des tannins très puissants encore très présents. Beaucoup de matière, qui donne parfois l’impression d’inhiber un peu la complexité aromatique. Mérite d’être attendu encore quelques années pour apprécier l’évolution de son équilibre.

 

Tokajï Eszencia Disznoko: le nectar des Dieux

Dégustation juin 2015

Découverte émouvante de ce vin ou plutôt de ce nectar car si un vin mérite ce mot, c’est bien celui-ci! L’Eszencia se présente comme une liqueur brune ambrée extrêmement onctueuse…et pour cause! elle contient pas moins de 500g de sucre par litre! Ce vin est obtenu de la fermentation du jus extrait par simple gravité des grains botrytisés de raisins Furmint: l’absolu de la concentration! Autre surprise, ce vin ne titre que 3 degrés car la saturation en sucre inhibe considérablement le travail des levures. Le résultat n’est pas un vin mais…un élixir, ou mieux une émotion unique. La sensation de gouter l’essence de quelque chose, ce que dit bien son nom d’ailleurs. Les notes aromatiques sont dominées par le figue et le coing confits, un peu d’écorce d’orange et d’épices dans une ondulation crémeuse qui envoute le palais et nous laisse longtemps sous le charme de cette étrange rencontre.

Chateau Calon Ségur 1999 : St Estèphe au coeur!

Dégustation juin 2015

Dernier millésime du millénaire qui fut dans l’ensemble un millésime plutôt moyen à Bordeaux. Calon Ségur est un 3ième cru classé de St Estèphe faisant une large place au Cabernet Sauvignon puisque le cépage roi de la rive gauche représente ici environ 75% de l’encépagement.

Ce 99 déjà vieux de 16 ans se présente dans une belle robe sombre ne montrant aucun signe d’altération. Le bouquet est intense et complexe, mélangeant des notes de cassis mur, de genièvre, de poivre, de cèdre, de fumée… Le tout parfaitement harmonieux et et dense. En bouche ce Calon Ségur se fait séveux, enveloppant et confirme la promesse de son bouquet. Une belle matière, fine et équilibrée, des tannins serrés, puissants mais élégants structurant merveilleusement ce vin. Finale persistante sur les notes de cèdre, de fumée et de graphite.

Très belle expression de la puissance du terroir puissant et viril de St Estèphe qui honore le célèbre coeur qui orne son étiquette en mémoire du Marquis de Ségur, « Prince des vignes » du 17 ième Siècle qui disait: « Je fais du vin à Lafite et à Latour mais mon coeur est à Calon ».

Des rouges frais à boire l’été!

mai 2015

 

L’arrivée de l’été marque aussi l’arrivée de plus en plus massive de rosé sur les tables. Couleur élégante, léger, frais, facile à boire, c’est incontestablement la star de l’été! Toutes les régions se sont mises à en produire, avec plus ou moins de bonheur, mais les plus équilibrés restent les bons rosés de Provence quand ils sont bien faits, et à condition de rester raisonnable sur les prix.Mais l’été est long et on peut avoir envie de varier un peu les plaisirs. Au dessus de 28 degrés, on oublie tous les vins corsés, puissants, complexes, ou les vieux millésimes. La chaleur alourdit les arômes et ces vins ne pourront pas être appréciés dans de bonnes conditions. C’est le moment de penser aux petits rouges légers qui ont entre autres mérites la capacité de supporter un passage par le réfrigérateur pour un service rafraichissant entre 7 et 9 degrés. Ces vins se caractérisent par un faible degré alcoolique, une structure légère et un spectre aromatique vif mais simple, généralement très marqué par les fruits rouges frais. il est important de les servir jeunes pour préserver toutes ces qualités. Alors quels sont ces vins? Eh bien essayez par exemple les Pinots noirs d’Alsace, dont le plus fameux est le rouge d’Ottrott. Ou les Irancy, à base de Pinot noir et du rare César. Ou du coté du Jura, les méconnus Poulsard- des rouges presque aussi pâles que des rosés- ou Trousseau. Pas loin de là pensez à la Mondeuse de Savoie, mais en évitant les meilleurs producteurs dont les vins méritent maintenant d’autres égards! Ou bien un Gamay de Chautagne, très à l’aise par beau temps. Et bien sûr…mais nous n’y pensons pas assez souvent: le Beaujolais! en privilégiant les appellations « village »…et pourquoi pas les Crus. Du côté de la Loire, les Sancerre rouges seront parfaits..ou les Saumur-Champigny. Certains Bourgueils ou Chinons jeunes peuvent aussi parfaitement convenir. Citons aussi les vins de pays d’Ardèche ou bien un Saint Pourcaint rouge. Mentionnons enfin le rarissime Carajolu, petit rouge très rare et original de Corse. Tous ces vins auront plus de corps et de typicité que la plupart des rosés et accompagneront idéalement viandes et poissons grillés. Vous remarquerez que tous ces vins sont issus de terroirs plutôt situés au Nord ou en altitude. C’est exactement ce qui leur confère cette fraiche simplicité et cette légèreté. Curieusement peu de rouges étrangers à proposer. Il est vrai que la tendance très lourde des 30 dernières années a plutôt encouragé partout la production de vins charpentés. Citons quand même les très peu connus rouges portugais de la région du Minho-plus connue pour ses fameux blancs acidulés Vinho Verde. Ces rouges produits à partir d’une dizaine de cépages locaux sont peu alcoolisés, très vifs et rafraichissants,

Château Pape Clément 1964 : 50 ans en bouteille…

dégustation Juin 2015

Bouteille toujours conservée en cave tempérée en très bon état pour 50 ans passés! Niveau bas goulot normal. Beaucoup d’émotion à l’ouverture de cette bouteille qui, à la manière d’un carottage de la banquise, nous fait remonter le temps 50 ans en arrière…La guerre froide, la crise de Cuba, les Beatles, le Général, la DS, la Dolce vita… »l’univers tout entier dans une bouteille » disait très justement Appolinaire…ce monde a disparu…mais notre vin est bien là! A l’ouverture de la bouteille, le bouquet de 50 ans est assez discret. la bouteille est décantée 20 minutes avant le service pour ne pas risquer d’oxyder trop vite ce vin fragile. Dans la carafe, couleur rubis pâle encore bien présente et chatoyante. Bouquet maintenant subtile, complexe et émouvant de sous bois, feuilles mouillées, truffes, accompagnant une note de fruits noirs plus discrète.

En bouche, corps moyen et très belle impression de finesse soyeuse, pas du tout déséchante comme cela peut être le cas avec de vieux millésimes. La finale longue prolonge délicieusement ce voyage sensoriel à travers un demi siècle…

Lafaurie Peyraguey 2006 : l’or du temps…

Wine tasting Juin 2015

La dégustation d’un grand Sauternes est toujours un moment particulier… « Le soleil des étés d’autrefois brule dans les bouteilles d’Yquem »… écrivait Mauriac. Nous ne sommes pas avec le roi Yquem mais avec un des ses grands seigneurs puisque Larfaurie Peyraguey appartient au cercle restreint des 1ers crus classés de Sauternes.en 1855.

Le soleil de 2006 est bien présent dans la robe or liquide de ce Sauternes qui exhale un bouquet généreux de fruits confits-abricots, ananas- avec une délicate nuance florale. Très ample en bouche, Grande puissance aromatique bien soutenue par la douceur sucrée qui nappe le palais mais ne le charge pas. Un fleuve d’or… qui se prolonge dans un très long final.

Mentionnons que le château de Lafaurie Peyraguey est particulièrement spectaculaire avec son mur d’enceinte crénelé qui nous rappelle les batailles de la Guerre de Cent Ans qui firent rage dans la région. Plusieurs autres châteaux de Sauternes-dont Yquem- portent ces témoignages  architecturaux de périodes troublées.

Chateau Carbonnieux blanc 2003: les grands blancs savent aussi veillir…

Wine tasting Juin 2015

Carbonnieux possède la rare particularité d’être un Pessac-Léognan classé Grand Cru aussi bien en rouge qu’en blanc. 12 ans est déjà un âge respectable pour un blanc sec et nous sommes curieux de découvrir comment celui-ci a évolué. L’étiquette ornée de la célèbre coquille St Jacques rappelle le rôle d’étape jacquère qu’eut jadis ce domaine très ancien, déjà mentionné au XIII ième siècle, qui appartint longtemps aux Bénédictins de l’Abbaye de Sainte Croix. Ce vaste vignoble couvre 70ha d’une belle croupe graveleuse et possède la particularité rare d’être planté pour moitié en blanc, avec les cépages sauvignon et sémillon, stars de l’appellation en blanc.

La robe est d’un beau jaune or, très différente de la couleur généralement très pâle des Carbonnieux jeunes. Très belle onctuosité dans le verre. Rappelons que 2003 fut l’année de la « canicule » qui a donné des blancs précoces, aromatiques et riches mais parfois manquant un peu d’acidité. Le nez de notre Carbonnieux est très nettement évolué et présente une belle harmonie d’arômes automnaux de noix, de coings, d’amandes et de pain d’épice, subtilement vanillée. Très belle évolution en bouche avec une belle ampleur et une acidité moyenne. Finale longue et marquée. Un très beau vin à la palette aromatique très différente de celle d’un jeune Carbonnieux et qui peut décontenancer de prime abord. Excellent avec une viande blanche ou un fromage affiné à pâte pressée-Comté, Beaufort ou un vieux Parmesan.

Savennière Roche aux Moines Domaine aux Moines 92

Dégustation mai 2015

23 ans donc pour ce Savennière Roche aux Moines produit par un duo féminin de charme Monique et Tessa Laroche.

Servi autour de 12 degrés pour permettre à ce blanc vénérable de s’exprimer. Très belle robe or brillant. Aucun signe d’altération. Le vin laisse de belles larmes sur les parois du verre laissant espérer une belle onctuosité. Bouquet très riche, peu oxydatif, floral et fruité de fleur d’oranger, d’acacia, de miel et d’abricot. La robe, les larmes et le bouquet révèlent immanquablement un grand vin liquoreux. La surprise est donc totale lorsque ce vin se révèle parfaitement sec en bouche, nécessitant une resynchronisation des sens. Celle-ci opérée, ce Roche aux Moines s’exprime avec une très belle ampleur et confirme en bouche la complexité de son bouquet. Acidité moyenne mais suffisante pour soutenir une vivacité encore bien présente après 23 ans! Très harmonieux. Finale interminable.Un vin rare à découvrir. Les arômes d’un grand Sauternes sans le sucre.

Montus 2000 cuvée Prestige: si le Miura était un vin…

Dégustation  mai 2015

Cette première édition de la « Cuvée Prestige » du mythique Madiran d’Alain Brumont est un vin issu de sélections 100% Tannat.

La bouteille, parfaitement conservée a été ouverte 1 heure et demie avant dégustation sans décantation.

Dans le verre le Montus 2000 présente une très belle robe rubis très sombre à reflets noirs caractéristique de ce cépage. La couleur très intense ne présente encore aucun signe d’évolution. Bouquet concentré dominé par des notes puissantes poivrées, grillées, sur un fond de fruits noirs révélé par l’aération.

En bouche le Montus donne toute sa mesure. Attaque très franche, mais moelleuse. Les tannins puissants sont désormais parfaitement fondus et assurent une très belle structure. Très belle amplitude en bouche et impression étonnamment soyeuse pour ce cépage réputé dur. Beaucoup de matière mais une agréable fluidité. Complexité aromatique moyenne mais très forte intensité: des notes de genièvre, de poivre, de pain grillé, de réglisse et de cuir. Très bel équilibre. La puissance aromatique balance bien les 14° du Montus. Finale très longue et très marquée.

Un vin magnifique, typé et désormais parfaitement à maturité. Peut certainement évoluer encore sur une dizaine d’années.

Attention tout de même: une bouteille identique stockée dans les mêmes conditions ouverte il y a 6 mois avait révélé un nez et un goût déséquilibrés fortement dominés par le réglisse noir très entêtant, Sans doute Une bouteille défectueuse. Rendez-vous dans 1 ou 2 ans pour la prochaine ouverture d’un Montus « Prestige » 2000!.

Cahors Domaine de Maison Neuve 2009

Dégustation Mai 2015

Le vignoble de Cahors est sans doute un des plus beaux de France. Il suit les méandres du Lot ou escalade le causse sur une trentaine de kilomètres à l’Ouest de Cahors. Très attachant pour son paysage, de vignoble l’est aussi par son histoire. l’évêque de Cahors Jacques Duez fut le deuxième pape d’Avignon au début du XIV ième siècle et fut à l’origine du vignoble de Chateauneuf du Pape. Ce vignoble a également acquis une réputation exceptionnelle en Russie au XVIII ième siècle, au point de devenir le vin de messe officiel de l’Eglise Orthodoxe russe jusqu’à la Révolution de 1917. Et après une période très difficile dans les années 50 et 60 il a retrouvé tout son caractère grâce notamment à l’action résolue de José Baudel et de quelques vignerons visionnaires.

Le domaine de Maison Neuve de la famille Delmouly s’étend sur 12ha de coteaux argilo ferreux et calcaires orientés au sud. Ce Cahors est 100% Malbec. Robe rubis très sombre tirant vers le noir comme il se doit pour le « vin noir » de Cahors.Bouquet puissant de mûre, de myrtille et cranberry réglisse et poivre. Bouche fraiche, tannins encore fermes et élégants. Belle fraicheur minérale en bouche. Ce Cahors propose un bel équilibre entre puissance maitrisée et complexité aromatique. Très long et affirmé. « …Donnez-nous grand foison de vin,
Pour mieux boire soir et matin,
Et puis argent à tout propos… » Clément Marot le poête troubadour de Cahors lui aurait sûrement fait honneur!
 

 

Terre d’éclat, Domaine de la ville rouge: un Croze Hermitage exceptionnel !

Wine tasting Mai 2015

Crozes Hermitage, à ne pas confondre avec Hermitage beaucoup plus exclusif, est l’appellation la plus vaste des crus des Côtes du Rhône Nord avec plus de 1200 hectares plantés, à 90% en rouge. L’étendue de l’appellation implique nécessairement la production de vins assez variés en caractère et en richesse, bien que les rouges soient tous issus de la fameuse Syrah et les blancs des plants de Roussanne et Marsanne. Le Domaine de la Ville Rouge exploite une trentaine d’hectares situé sur la commune de Mercurol et produit plusieurs cuvées de rouges et de blancs, tous travaillés en bio. Ce Terre d’Eclat 2011 fait incontestablement partie des grands Crozes Hermitage: produit à partir de vieilles vignes de Syrah agées de 35 ans et bénéficiant d’une macération plus longue il est élevé 12 mois en fûts. Très belle robe légèrement violacée. Nez d’épices, de poivre et violette légère. Bouche ample, élégante et corps ferme. Très belle matière soyeuse et intense qui développe une véritable explosion aromatique en bouche: baie de genièvre, clou de girofle, effluves animales, herbes aromatiques grillées… Un très grand Crozes Hermitage!

 

Balestard La Tonnelle 2014: un bel hommage à Villon

Dégustation Avril 2015

Quand on déguste Balestard La Tonnelle, on ne peut éviter un transport vers le XVième siècle en compagnie canaille de François Villon dont un très beau poème, ode à Balestard, orne l’étiquette.Espérons un instant que le poète maudit ait véritablement pu goûter ce vin un jour pour adoucir un peu les tourments de sa vie vagabonde…

Aujourd’hui Balestard La Tonnelle est un très beau vignoble de 10ha de Merlots (70%), Cabernets Francs (20%) et Cabernets Sauvignon (10%) plantés dans les sols argilo-calcaires du plateau de St Emilion. La propriété appartient à la famille Capdemourlin depuis le XVII ième siècle, témoignage d’une belle continuité.

Ce 2014 est dégusté « en primeur » c’est à dire avant son élevage sous bois-avec des barriques 50% neuves chaque année. Belle couleur rubis-noire intense. Dominance de tannins serrés et élégants. Les arômes de fruits noirs, cassis et mûre, de roche, se font progressivement une place. Belle structure en bouche et grande amplitude. Beaucoup de matière mais pas d’excès. Il possède tous les éléments pour livrer un grand vin au terme de son élevage dans 2 ans. Espérons que François Villon puisse le suivre de là-haut!

 

Chambolle Musigny Clos du Village 96

Dégustation Avril 2015

Robe nettement tuilée qui conserve cependant des éclats rubis. Nez d’abord marqué par les arômes tertiaires de sous-bois et de champignons. A l’aération, réminiscences de fragrances fragiles de fraises et framboise. En bouche apparait desséché et un peu terreux. Fruit trop fugace. C’est dommage mais cette bouteille est malheureusement passée et ne peut plus rien nous offrir. Il est possible qu’elle ait été conservée dans des conditions peu favorables. C’est une occasion de rappeler qu’il vaut toujours mieux boire un vin trop tôt que trop tard! Cela est particulièrement vrai pour les Bourgogne dont la courbe d’évolution est plus imprévisible que celle des Bordeaux.

 

 

Côte du Rhône Village La Borie 2012

Dégustation Mars 2015

Issu d’un assemblage Syrah, Grenache et Mourvèdre cultivés sur des sols argilo marneux, ce Côte du Rhône Village se présente sous une belle couleur rouge vif. Expression chaleureuse d’arômes de baies noires au nez . Ample en bouche avec des tannins généreux mais doux. Très belle concentration et bon équilibre. Développement aromatique étonnant et riche en bouche. Fruit noir toujours bien présent, mais apparition de belles notes épicées, de cuir jeune et même…d’abricot! Très bon maintenant, ce vin peut aussi évoluer avec bonheur sur une dizaine d’années. Un 2004 récemment dégusté a confirmé toute la capacité de ce vin à développer de très beaux arômes tertiaires avec de subtiles notes de cuir et de sous-bois.

Hermitage La Chapelle 97 de Jaboulet Ainé

Wine tasting Décembre 2014

Très belle bouteille sur laquelle figure l’emblématique chapelle qui domine la célébrissime colline de l’Hermitage qui domine le Rhône. L’Hermitage doit son nom à la retraite qu’y fit le chevalier de Stérimberg au XIII ième siècle, à la recherche de sérénité temporelle et spirituelle au retour de la Croisade.

Ce cru mythique de la Maison Jaboulet Ainé est réalisé à partir des raisins 100% syrah provenant principalement des lieux-dits Les Bessards et Méal.

Somptueuse robe rubis brillante sans trace d’évolution. Bouquet intense d’épices, fruits noirs cuits et poivre. En bouche cet Hermitage monte progressivement en puissance et en ampleur, avec une grande richesse de corps et une certaine onctuosité. Le bouquet évolue vers des notes de cassis, de mûre et de cuir fin. Tannins puissants mais arrondis.

Grand Puy Lacoste 94

Janvier 2014

Belle robe brillante et limpide. Bouquet précis de fruits noirs et de boisé, légèrement fumé. Attaque franche et équilibrée, mais un certain manque de corps qui limite un peu son expression. Etonnant pour un vin élaboré avec une proportion élevée de Cabernet-Sauvignon.  Développement aromatique vers des notes de sous-bois légères. Finale un peu courte.

Pourquoi le cacher? Ce Grand Puy Lacoste 94, conservé dans des conditions optimales, nous déçoit un peu. Certes agréable, mais pas à la hauteur des attentes pour un grand Pauillac.

Lynch Bages 85: l’expression d’un très grand Pauillac

Décembre 2014

Lynch Bages 85… 30 déjà à reposer dans la pénombre fraiche d’une cave pour enfin apparaitre en pleine lumière aujourd’hui! Le vin pense-t-il comme le laissait supposer Baudelaire? Il a en tout cas vu et entendu beaucoup de choses pendant ces 3 décennies! A t il eu l’objectif de se conserver, de se bonifier? Ce Lynch Bages 85 se présente dans une bouteille parfaite, sans variation de niveau. Le bouchon est imprégné au tiers et encore très ferme. Aéré dans de grands verres, il exhale des arômes puissants de cassis, de mûres, de fumée, de genièvre. Très ample, puissant, et intense en bouche avec des tanins bien charpentés. Evolution aromatique vers des notes de truffes et de sous-bois mais restant très subtiles. Pas de note de rancio. Finale très veloutée et très longue. Tout ce que doit être un grand Pauillac: de la puissance, de la race, de la nervosité et de la finesse! Un véritable monument capable d’évoluer encore 20 ans.

Ce grand Pauillac est vraiment une valeur sûre, tant il n’est jamais décevant, ce qui est rare, même dans le Médoc! Le marché ne s’y trompe d’ailleurs pas puisque ce 5ième Grand Cru Classé en 1855 se négocie plutôt au prix des seconds.